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Et si les pneus de voiture étaient responsables d'une pollution démesurée ?

30 janv.
2 min de lecture

Ce lundi 12 janvier, l'association France Nature Environnement a dévoilé le résultat d'une enquête réalisée sur la qualité de l'eau du lac d'Annecy, réputé comme étant le plus pur d'Europe, après de nombreuses épurations au cours de la seconde moitié du XXe siècle.


Et si les véritables coupables étaient en réalité... les pneus de nos voitures ? C'est en tout cas ce qu'affirme France Nature Environnement, dans une étude demandée par France 5 pour un documentaire qui sera diffusé en février. En effet, en s'usant, un pneu perd entre 65 et 151 milligrammes de gomme par kilomètre parcouru, ce qui entraîne la formation de micro- et macroparticules.


Avec la pluie, ces dernières s'infiltrent dans le sol et contaminent les nappes phréatiques, à la façon des microplastiques. Il est estimé qu'en France, entre 50 000 et 80 000 tonnes de ces particules sont émises chaque année.


Quels risques pour notre santé ?


La pollution automobile tue environ 9 millions de personnes par an. Ce chiffre est-il à remettre en question, maintenant qu'une nouvelle pollution - qui existe depuis la commercialisation des voitures - a été mise en lumière ? Est-il même possible de quantifier les dégâts causés par les pneus de voiture ?


Dans son rapport, Agir pour l'environnement affirme avoir identifié 1954 molécules différentes, dont "111 substances fortement toxiques pour les milieux aquatiques [...] 237 ayant un effet néfaste à long terme sur ces écosystèmes [...] 85 potentiellement mortelles en cas d'ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires [...] 112 molécules cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) [...] et des dizaines de substances mortelles en cas d'ingestion, d'inhalation ou de contact cutané."


Pourquoi maintenant ?


En 2022, The Guardian a publié une enquête sur le sujet. Résultat : les pneus de voiture émettraient deux mille fois plus de particules fines que les pots d'échappement. Ils ont également retrouvé plus de 250 composés chimiques différents dans ces pneus, majoritairement constitués de "gomme synthétique", soit à base de pétrole. On parle alors de près de "300 000 tonnes de gomme de pneus émises chaque année en Grande-Bretagne et aux États-Unis, rien qu'avec les voitures et les vans."


Un constat alarmant, qui a mené à l'enquête menée à Annecy. Mais malgré des résultats troublants, qui confirment ceux du journal britannique, l'engouement médiatique demeure peu important. Une autre question se pose alors : pourquoi ces enquêtes ne voient-elles le jour que maintenant, alors qu'on sait depuis leur invention que les pneus de nos voitures s'usent au quotidien ?

 
 
 

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